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BIOGRAPHIE/ Anniversaire : L’ABBE DIAMACOUNE SE CONTE, SOUS SA PROPRE PLUME.

Scoopsdeziguinchor.Com : Le 14 Janvier 2007, disparaissait l’Abbé Augustin Diamacoune Senghor, alors président du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc). Qui était cet homme qui aura été l’un des plus médiatisés de l’histoire récente de la région naturelle de la Casamance. Où naquit-il, quels ont été les hauts et les bas de sa vie civile et ecclésiastique ? Votre journal en ligne Scoopsdeziguinchor.Com se propose de vous rappeler cet homme qui a toujours démenti avoir été à l’origine de la crise indépendantiste ayant éclaté le 26 Décembre 1982 dans la région sud du pays. Une crise qui, reconnaissons-le, a plongé la région naturelle de la Casamance dans un gouffre aux supplices et lamentations inestimables et inacceptables… Voici donc sa biographie que lui-même écrivit de son vivant. Vous constaterez qu’il s’exprime à la première personne du singulier. Scoopsdeziguinchor.Com vous propose ainsi ce document au dernier jour de la semaine de commémoration de la disparition du prélat, par une partie du Mfdc, sous les auspices d'Abdou Elinkine Diatta, son porte -parole (sic).
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« Moi, Augustin Diamacoune Senghor, je suis né à Oussouye au quartier Senghalen, au sud-Ouest de la Casamance, le 4 Avril 1928 ; de Mathieu Diamacoune (1906-1994) et de Marthe Badiate (1907-1939), son épouse. Je fus baptisé le 7 Avril 1928, fis ma première communion le 28 Juin 1936. Je fus confirmé le 4 Avril 1937 et ordonné prêtre le 4 Avril 1937 ; tout cela à Oussouye. Et dès 1945, je fus un admirateur inconditionnel de Léopold Sédar Senghor. »

« Mon père Mathieu Diamacoune, entré dans la politique dès 1945, fut membre de la délégation du département d’Oussouye qui participa, à Sédhiou, en Mars 1947, au Congrès constitutif du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance. Il fut également membre de la délégation du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, partie parrainer à Thiès, le 10 Novembre 1948, la naissance et l’essor du Bloc démocratique Sénégalais de Léopold Sédar Senghor et de Mamadou Dia. Cela, parce que suite à sa brouille avec Lamine Guèye, survenue en 1948, Senghor le sérère avait supplié ses cousins Diolas de l’aider. Raison pour laquelle au moment des indépendances africaines, les Diolas jugèrent de le soutenir de peur que Lamine Guèye ne terrassât Senghor, qui n’avait pas encore suffisamment et profondément poussé de racines. Les leaders casamançais d’alors, voulaient d’abord, et selon leur éthique traditionnelle, honorer leur parole donnée en faveur de Senghor, et aussi préparer convenablement les cadres de haut niveau qui seront demain à la tête de la Casamance dans un Sénégal indépendant. Malheureusement, Senghor a aussi poignardé la Casamance dans le dos en laissant n’importe qui y venir faire n’importe quoi et impunément. »

"Je ne suis pour rien aux évènements du 26 Décembre 1982 "

« Ce qui provoqua, le 26 Décembre 1982, les évènements que l’on sait. Je n’y fus pour rien. J’ai toujours mis au défi le Pouvoir sénégalais (NDLR : d’alors) au défi de prouver que, un jour, j’avais participé à une réunion de ceux qui préparaient la marche du 26 Décembre 1982. »

« Prêtre et fils de la Casamance, je dois dénoncer et condamner tout ce qui va contre la vérité, la charité, la justice et la paix. Je sais et je dis que souvent on est pendu pour avoir dit la vérité. Je sais et je dis que la vérité est le plus court chemin qui mène à la prison. C’est par intoxication de l’opinion locale et internationale et pour combattre cet élément gênant que le pouvoir sénégalais les a investis et a donné aux casamançais qui avaient bougé le 26 Décembre 1982 et qui se donnèrent le nom de Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, en souvenir des frères et sœurs fondateurs de ce parti qui sont morts de la manière que l’on sait, dans la force de l’âge, d’une façon trop rapprochée et d’une manière quelque peu suspecte. Les Casamançais l’acceptèrent volontiers. Ces agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, ont toujours pensé que, s’il plait à Dieu, moi Diamacoune, je ne trahirais jamais volontairement les vrais intérêts de la Casamance. Je suis un prêtre défenseur des pauvres, des faibles, des sans voix, spoliés, exploités, humiliés, asservis, violés, torturés et tués. »

« Du 12 Janvier 1967 au 12 Novembre 1980, je fus chargé de l’émission catholique à Radio Ziguinchor. On m’ajouta l’émission enfantine de 1975 à 1980. On sollicite également ma contribution à l’émission culturelle « Coup d’œil sur la Casamance ». De 1972 à 1980, j’étais aussi le président du jury de théâtre et celui de la musique au sein de la Commission régionale de la culture de la Casamance. »

« Après le cessez-le-feu, signé à Bissau le 31 Mai 1991, les fils de la Casamance : aile civile et combattante du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, cadres et intellectuels, toutes ethnies, religions, conditions, tendances, options politiques confondues se retrouvèrent au Cap-Skirring le 15 juin 1991, pour une prise de contact et un échange d’idées en vue des négociations autour d’une table avec le Gouvernement. C’est alors que l’aile combattante du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance me proposa comme secrétaire général. Pour ces petits gens du Peuple, cette dénomination signifiait tout simplement Chef de la délégation devant faire face à l’autre partie autour d’une table. »

"Je n’ai jamais été partisan d’une lutte armée en Casamance "

« Préférant une bataille juridique, moi, Augustin Diamacoune, un non-violent, je n’ai jamais été partisan d’une lutte armée dans la Casamance qui d’ailleurs, ne voulait pas et ne veut pas la guerre ; cela, jusqu’aujourd’hui. Elle lui a été imposée et dure de 1982 à nos jours. »

« Toutes les sensibilités du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, ailes civiles et combattantes confondues, se réclament de moi. »

« Le 4 Avril 1956 après avoir été ordonné prêtre à Oussouye, je me donnai alors comme devise sacerdotale : « Prêtre pour l’éternité, pour mettre dans le monde la vérité, la charité, la justice et la paix en établissant dans les cœurs le règne de Dieu ». Du 22 Octobre 1956 au 03 Novembre 1959, je sers comme vicaire à la mission catholique de Kolda. Du 04 Novembre 1956 au 21 Septembre 1964, je suis vicaire à la mission catholique d’Oussouye, ma ville natale. Puis de 1964 à 1965, j’étudie à l’institut missionnaire de pastorale liturgique, l’actuel institut Gaudium et Spes » à Bruges en Belgique. Du 24 Janvier 1966 au 12 Juin 1966, je suis vicaire à la mission catholique de Nyassia. Du 12 Juin 1966 au 1er Janvier 1967, j’assure l’intérim de la Direction diocésaine des ouvres catholiques que je cumule avec mes fonctions de chancelier et de secrétaire à l’évêché de Ziguinchor. »

« Le 1er Octobre 1968, je suis envoyé exercer les fonctions de Curé à la Paroisse de la Cathédrale Saint-Antoine de Padou, à Ziguinchor. Le 1er Octobre 1972, je pris la direction du séminaire Saint Charles Lwanga dont la section Enseignement continue de porter le même nom en 1673 tandis que la section Formation de futurs prêtres prend le nom de Séminaire Notre-Dame. »

« Le 1er Octobre 1975, je fus affecté au Centre rural de Djibélor où j’assurai l’aumônerie du Juvénat des Frères de Saint-Joseph ainsi que celle du Juvénat des sœurs du Saint Cœur de Marie installé à Djifanghor tout en continuant à enseigner au collège Saint Charles Lwanga. »

« Le 12 Novembre 1980, je rejoignis le village de Kafountine dans le département de Bignona, afin d’y exercer les fonctions de Curé de la Mission catholique. »

« Je me trouvais donc à 186 Kilomètres de Ziguinchor lorsque s’y préparait, nullement sous mon inspiration ni sous ma direction ou ma responsabilité, la marche du 26 Décembre 1982. Je mets tout le monde au défi de prouver que, un jour, j’ai participé à l’une de ces réunions. »

« Donc, le 5 Décembre 1982, je fus atteint de paludisme. L’évêque du Diocèse Monseigneur Augustin Sagna me fit évacuer à Ziguinchor pour un traitement médical. C’est là, au presbytère de la cathédrale, que, la police m’arrêta dans mon lit de malade, me confisqua mes remèdes et mon ordonnance médicale jusqu’aujourd’hui jamais restitués. La police me transféra le même jour à Dakar où on m’isola sans boire ni manger pendant deux jours : 48 heures. »

"Mon mandat de dépôt date du 25 Décembre 1982 et, à 12 heures, je fus incarcéré à la Prison centrale de Dakar"

« Mon mandat de dépôt date du 25 Décembre 1982 et, à 12 heures, je fus incarcéré à la Prison centrale de Dakar. »

« Ce fut le plus beau cadeau de Noël que le Président Abdou Diouf eut jamais fait à la Casamance. Merci Abdou ! »

« Le 26 Décembre 1982, à Ziguinchor, des Casamançais hommes et femmes se sont rendus à la Gouvernance de Casamance, auprès du Gouverneur Moussa Ndoye et lui expriment leur désir de rencontrer le Président de la République en ces termes : « Nous voulons parler au Chef de l’Etat. Qu’il vienne nous entendre, ou qu’il nous appelle pour nous entendre, ou qu’il envoie quelqu’un pour nous entendre, ou qu’il vous mandate, vous-même Monsieur le Gouverneur Moussa Ndoye, pour nous entendre et lui rende compte pour décision ». »

« Du 9 Janvier 1983 au 4 Avril 1987, j’écrivais seize lettres aux autorités sénégalaises et françaises mais je m’avais reçu aucune réponse écrite ou orale. »

« Les 5, 6, 7 et le 13 Décembre 1983 coïncidèrent avec le premier procès des indépendantistes casamançais. Je fus condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme. Peine que j’ai entièrement purgée. Au cours du procès, les chrétiens dans les églises, les musulmans dans les mosquées, les animistes dans les bois sacrés priaient pour un bon déroulement du procès et pour la paix en Casamance. Les forces de l’ordre ne trouvèrent rien de mieux que d’aller les chasser, dispersant les animistes qui ne se laissèrent pas faire. Certains de ces animistes regagnèrent leurs domiciles. Les autres, se croyant identifiés, préférèrent se cacher dans la forêt de cette zone périphérique de Ziguinchor en attendant que les choses se tassent et se clarifient un peu. »

"je fus arrêté pour la deuxième fois à Ziguinchor pour avoir dénoncé et condamné les crimes de l’armée"

« Le 14 Juin 1990, je fus arrêté pour la deuxième fois à Ziguinchor pour avoir dénoncé et condamné les crimes de l’armée. Le 14 Juillet 1990, le 20 Mai 1994 et le 25 Décembre 1996, j’envoyais trois lettres au secrétaire général de l’organisation des Nations Unies. Jusqu’aujourd’hui, je n’ai constaté qu’un silence absolu de cette organisation internationale sur le problème multi sectoriel de la Casamance. »

« Le 18 Mai 1991, je fus libéré pour la deuxième fois avant la signature à Bissau, le 31 Mai 1991 à la demande du Sénégal lui-même, le premier cessez-le-feu entre le gouvernement d’alors et le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance. »

« Le 12 Août 1992 à Ziguinchor-même, j’échappe à une tentative d’assassinat. Mes collaborateurs, en attendant une baisse de tension, me sortent de la ville pour une destination inconnue. Moi qui, dès ma plus tendre enfance, n’ai jamais voulu la guerre en Casamance, qui suis allergique à toute arme à feu, je me retrouve ainsi au maquis, à l’Etat major général des forces combattantes du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance en terre casamançaise et non pas en Guinée Bissau, encore moins dans la Capitale comme le prétendaient les informations.»

« Le 15 Février 1993, le Président Joao Bernard Vieira envoie en Casamance, et non pas en Guinée-Bissau, un colonel de l’Etat-major général des forces combattantes du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, au maquis, pour m’inviter à me rendre à Bissau pour converser avec lui. Le lendemain, 16 Février 1993, arriva à Bissau une délégation sénégalaise pour des contacts préliminaires avec le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, en vue d’un éventuel cessez-le-feu. Je me déclarai alors incompétent. Le 4 Mars 1993, ce fut le deuxième voyage de la délégation sénégalaise à Bissau pour rencontrer une délégation du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance composée de membres de l’aile civile et de l’aile combattante. Le 19 Mars 1993, le Sénégal envoie une troisième mission à Bissau. Je fus ramené malgré moi, à Ziguinchor, « manu militari », par avion et mis alors en résidence surveillée jusqu’aujourd’hui. Je n’ai jamais entrepris, projeté, conçu ou dirigé des opérations militaires. J’étais dans ce maquis une sorte de « réfugié » en terre de Casamance. »

"J’ai échappé à plus de 22 tentatives d’assassinat"

« J’ai échappé à plus de 22 tentatives d’assassinat dont plus de six dans la ville de Ziguinchor où quatre tueurs à gaze ont laissé leurs vies, non pas tous à la fois, mais chacun à son jour. Ne voulant jamais d’effusion de sang, de règlement de compte entre familles, quartiers, villages ou pays, j’ai toujours interdit à ceux qui, parfois m’ont aidé à m’échapper, de révéler les noms de ceux qui les ont payés et envoyés pour me tuer. Dieu merci, jusqu’aujourd’hui, rien n’a été jeté en pâture au public ou à des individus. Depuis le 16 Février 1993 jusqu’à nos jours, je ne suis jamais reparti au maquis. En milieu traditionnel, quant il se produit quelque chose de négatif, on commence par l’imputer d’abord à ses propres parents, quitte à constater ensuite que la réalité est autre. Jamais également, au plus fort de la crise au sein du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, moi Augustin Diamacoune n’avais rompu mes liens et mes contacts avec Sidy Badji. »

Dernière mise à jour: dimanche, 23 Janvier 2011

Auteur: La Rédaction
Date de publication: 2011-01-14 14:25:56
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